La Délégation à la Langue Française et aux Langues de France déplore les discriminations contre le breton des Caisses d'Allocation Familiales

Publié le par Kuzul Sevenadurel Breizh

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Suite à une réunion le 25 juin à la DGLFLF, Délégation à la langue française et aux langues de France,  le Conseil Culturel de Bretagne a saisi le Délégué général, M. Xavier North, des cas de discrimination linguistique des Caisses d'Allocation Familiales d'Ille et Vilaine et du Morbihan à l'encontre des locuteurs de langue bretonne. En effet les deux CAF ont annulé les aides prévues d'une part pour le CLSH (Centre de Loisirs Sans Hébergement) géré par l'école Diwan de Rennes et d'autre part pour un projet de crèche  de l'association Babigoù Breizh, au seul motif que l'accueil des enfants en breton constituerait « un obstacle à l'accès universel des familles ».

Le Délégué général est intervenu par courrier le 27 juillet auprès des directions des deux CAF pour  réfuter  « l'idée que l'accès  universel  des familles ne pourrait passer que par le français ». Il rappelle que la France a ratifié récemment la Convention de l'UNESCO sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles et qu'à ce titre il convient de veiller « à ce qu'un argument technique ne soit pas opposé à un principe de droit international ».

Le Conseil Culturel s'étonne d'ailleurs des propos prêtés à M. North à Buenos Aires (27 08 07) selon lesquels « le breton serait condamné » et que l'Etat serait dans l'incapacité financière de maintenir le nombre de locuteurs. Le Conseil Culturel souligne, en tout état de cause, que la question n'est pas d'abord financière, comme le montrent les affaires des CAF du Morbihan et d'Ille-et-Vilaine ainsi que  les refus d'ouvertures de sites scolaires bilingues à Guichen et Ploeren (une crèche ou une classe  ne coûte pas plus cher en breton qu'en français). La question est bien celle de la discrimination linguistique pourtant condamnée par les conventions internationales et notamment la Convention européenne des droits de l'homme (article 14, de la Convention  et protocole n° 12 contre toutes les formes de discrimination).

Le CCB rappelle également que la France a ratifié aussi la Convention de l'UNESCO pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel (dont la langue), selon laquelle « il appartient à chaque Etat de prendre les mesures  nécessaires pour assurer la sauvegarde du patrimoine culturel présent sur son territoire » (article 11). Comme le déclare  la convention sur la diversité culturelle :  «la diversité culturelle est une grande richesse  pour les individus et  les sociétés. La protection, la promotion et le maintien de la diversité culturelle sont une condition essentielle pour un développement durable au bénéfice des générations présentes et futures ». Peut-on admettre que les Bretons soient privés de leurs richesses et de leurs atouts ?

Cliquez ici pour lire la lettre envoyée par le CCB
Cliquez ici pour lire la réponse de M. North

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