LES BEBES PRIVES DE LANGUE BRETONNE

A l’heure où l’ensemble des candidats républicains parlent de la défense du patrimoine culturel et linguistique de la France, que la France défend à l’extérieur le droit à la diversité, la CAF du Morbihan vient de refuser un projet de crèche en breton, sous le prétexte qu’elle est organisée sur le modèle de Diwan, utilisant le breton comme langue de communication : ce choix pédagogique n’autoriserait pas un accès universel à la crèche.
Nous sommes révoltés par une telle argumentation. Dans son même courrier, la CAF admet que le système pédagogique de Diwan est reconnu par l’Etat, puisque les écoles Diwan sont contractualisées par l’Education nationale.
La CAF ne peut pas ignorer que les écoles Diwan sont ouvertes à tous, laïques et gratuites et qu’il n’est pas nécessaire pour les parents de parler breton pour y scolariser leurs enfants. Le choix d’une crèche est du ressort unique des parents. Ils ont le libre choix de la crèche qui leur paraît la mieux adaptée ou la plus profitable pour leurs enfants.
A moins de méconnaître totalement la société bretonne, la CAF ne peut ignorer que l’ensemble des élèves issus de Diwan sont multilingues et maîtrisent parfaitement le breton et le français, voire une troisième et quatrième langues.
A moins de se désintéresser totalement de l’éducation, la CAF ne peut pas ignorer que la meilleure façon d’être bilingue, c’est d’apprendre une deuxième langue le plus tôt possible, par le moyen de l’immersion. La CAF ne peut non plus ignorer que les enfants n’entendront que très peu de breton en dehors de la crèche, soit au plus 15 à 20% de breton dans leur vie, le reste étant en français uniquement.
La CAF ne peut ignorer non plus que le nombre de crèche est insuffisant dans la Morbihan, qu’il existe une forte demande sociale pour des crèches en breton.
La décision de ne pas financer le projet de crèche ne repose sur aucun argument ni éducatif, ni social mais uniquement sur des a priori politiques rétrogrades.
L’association Diwan se sent profondément choquée par la déclaration de la CAF. Ce projet de crèche est sans aucun doute un moyen d’assurer un avenir aux langues. Les écoles Diwan sont intégrées au paysage éducatif en Bretagne et apportent aux élèves, de quelque milieu soient-ils, la même éducation bilingue.
Diwan condamne la décision de la CAF et dénonce une attitude discriminatoire, compte-tenu du fait que des crèches bilingues mais dans d’autres langues ont déjà été – à juste raison - subventionnées par la CAF, ce qui montre que c’est bien l’usage du breton qui est visé et condamné.