Harp ar broioù pell (hag ar broioù tost!)
"Peuple Breton,
Lorsque des hommes, des femmes et des jeunes descendent dans la rue pour défendre un héritage ancestral qui a façonné leur identité, nous peuple Maohi ne pouvons que soutenir cette belle et juste initiative.
En effet, comme tout peuple fier de sa culture, nous avons aussi le souci de la préserver afin que nos générations futures apprennent notre histoire, celle jadis d'un peuple libre et souverain. Si la triste époque coloniale n'a pas épargné nos communautés lointaines dont nous sommes issus, comment aurait-elle pu épargner votre communauté?
Aujourd'hui, notre langue ou plutôt nos langues ont survécu tant bien que mal à l'acculturation française mais nos langues ne sont plus celle d'hier. L'école et l'administration française comme unique moyen d'expression et d'information afin de façonner une société coloniale faite avant tout pour les Français.
L'autonomie a rendu l'usage du tahitien et des différentes langue dans notre Pays, mais l'Etat les a reléguées au rang de langues étrangères comme l'Anglais ou l'Espagnol alors que la majorité des Maohi les pratiquent encore.
La délégation de la ligue des droits de l'homme déplacée en 2001 pour vérifier le respect de ces droits en Polynésie, a mis en exergue que les Maohi ne sont pas égaux face à la loi et l'administration car, ne maîtrisant pas parfaitement le français, ils sont inaptes à lire et à comprendre la loi française ainsi que les rouages du système administratif, lequel pourtant est à leur seul service.
Le Conseil d'Etat vient d'interdire l'usage du Tahitien au sein de notre Assemblée du pays en vertu de l'article 2 de la Constitution française qui proclame le Français comme seul langue de la République et l'article 57 de la loi organique du 27 février 2004 qui dispose que « le français est la langue officielle de la Polynésie française ». « Son usage s'impose aux personnes morales de droit public et aux personnes privé de l'exercice d'une mission de service public ainsi qu'aux usagers dans leurs relations avec les administrations et services publics...». Ainsi une grande partie de notre peuple se sent excule volontairement de la société.
Alors, si les langues bretonne, basque, tahitienne, marquisienne, paumotu, etc...sont le ciment de nos cultures et le facteur essentiel favorisant l'identité de nos peuples et de leur équilibre, levons-nous pour qu'elles retrouvent dans nos société et nos vies leur place réelle afin que nos enfants soient demain maîtres de leur destin.
De tout coeur nous vous apportons notre soutien dans ce rassemenblement qui espérons-le trouvera la considération que toute lutte juste et idéal, pour le bien d'un peuple, doit obtenir.
Faaito ito
A tu, a tu, eiahu mate !
Courage
Lèves-toi, lèves-toi, ne te laisse pas abattre !
Le Tavini Huiraatira no te Ao Maohi
Front de libération de Polynésie"